… une maman, qui plus est Cornue, bien découragée de devoir encore une fois rester à la maison, car il faisait trop froid dehors. Depuis quelques temps, Maman Cornue ne souriait plus à grand chose, en fait, les seuls sourires qu’elle faisait étirait sa bouche en un rictus épeurant pour ces petits Cornus qui venaient de faire un mauvais coup. Ils se disaient que ce n’était certainement pas normal que leur maman sourit ainsi alors qu’ils venaient à peine de repeindre le mur de jolis tourbillons d’encre indélibile.
Malgré tout, ces intrépides Cornus recommençaient sans cesse les mêmes coups pendables, espérant assurément faire sourire à nouveau leur maman. Malheureusement pour eux, Maman Cornue n’avait plus le coeur à rire.
Chaque année, à pareil date, Maman Cornue perdait sa bonne humeur et sa joie de vivre. Elle ne savait trop pourquoi la nonchalance la gagnait, l’impatience extrème également et elle était soudainement prise d’une envie de s’exiler pour quelques temps et de revenir seulement lorsque ses lèvres s’étireraient à nouveau en un magnifique sourire.
Évidemment que c’était impossible pour elle de prendre quelques jours de congés, alors elle se mit à réfléchir pour trouver une solution à ce problème. Elle se remit aux jeux vidéos et bien que le temps s’écoulait à un vitesse folle lors de ces pauses amusantes, Maman Cornue n’avait pas l’impression d’être mieux. Elle scrapbooka alors quelques pages souvenirs pour ses Cornus, mais aucune amélioration côté moral.
Maman Cornue vînt qu’à penser sérieusement à prendre rendez-vous avec son médecin pour réouvrir le dossier dépression qu’elle croyait fermé pour de bon. Elle espérait réellement ne pas avoir à se rendre là encore une fois, parce que vraiment, elle ne savait absolument pas comment elle arriverait à s’en sortir cette fois-ci.
Elle continua tout de même de chercher. Le vélo stationnaire ne lui disait plus rien, mais elle se força à en faire une fois de temps en temps, peut-être que ça rallumerait sa petite flamme ?! Oh, bien sur qu’elle se sentait mieux, mais rien de significatif puisqu’elle accomplissait cette tâche à reculons.
Maman Cornue commençait vraiment à être franchement découragée, non seulement son sourire ne revenait pas, mais ses yeux se gonflaient de plus en plus souvent d’un trop plein de larmes salvatrices refoulées. Tout compte fait, seul les hamsters arrivaient à lui soutirer quelques sourires, ils ne lui demandaient rien, ne s’attendaient à rien, ils espéraient seulement quelques caresses et quelques minutes de course folle dans leur boules respectives.
Puis, un matin, se levant comme à l’habitude pour aller quérir Bébé hurleur joyeux, le plus joli “Maman” jamais entendu retentit aux oreilles de Maman Cornue. Les rayons du soleil réchauffaient à nouveau son coeur, le sourire, l’énergie et la tendresse de ces rejetons Cornus l’atteignaient soudainement, comme un bourgeon qui éclot au printemps sous les chauds rayons. Bref, la vie reprenait son court là où elle l’avait laissé.
La veille, Maman Cornue s’était trouvé un nouveau passe-temps qui lui permettait de faire le vide et d’être utile tout à la fois. Elle avait l’impression, en quelque sorte, de renouer avec ses sources, de retourner en arrière et de réapprivoiser la vie. Elle comprit finalement que pour elle, la vie serait un perpétuel retour aux sources, pas seulement les siennes, mais aussi celles de toutes ces femmes qui un jour ont eu des enfants, les ont élever au meilleur de leur connaissance et ont usé leur mains à produire des petits trésors inestimables sur lequel on ne peut apposer aucun prix.

On attend parfois longtemps pour un nouveau p’tit sourire… mais il vient toujours…
mon grand plaisir (peu fréquent, j’admet) c’est de voir mes bouquetins, toujours frustrés, me répondre sur un ton humoristique ou sarcastique….
tu vas remonter la pente…