MmeCornue ne sait pas valser

Non, je vous le dis, la Mme ne sait pas valser. Elle piétine sur place, écrase des orteils, bouscule, se reprend, mais ne suit pas le rythme. Elle ne sait jamais si elle doit tournoyer rapidement ou plus lentement, si elle doit mener la danse ou se laisser guider, bref les valses du coeur l’épuisent!

Après presque trois ans de célibat bien mérité, la Mme se sentait prête à reprendre la danse. Elle commença tout d’abord avec quelques déhanchements, quelques pas timides, puis se laissa aller sur les notes effrénées des musiques entraînantes. Rapidement elle remarqua son incapacité à suivre les autres. Pas qu’elle tenait à essayer tous les partenaires qu’elle croisait. Non! Mais elle espérait tout de même trouver celui qui la ferait tournoyer de bonheur.

La mission s’avéra beaucoup plus difficile qu’il n’y paraissait. Son coeur enthousiaste ne lui laissait aucune chance! Il l’entraînait avec les mauvais danseurs, repoussait les plus attentionnés, apeurait les plus fragiles. Bref, MmeCornue ignorait maintenant comme s’y prendre pour suivre le rythme. Les temps avaient changés et visiblement la musique aussi. La valse ne se dansait plus de la même façon. Les orteils et les coeurs ayant été trop souvent blessés terrorissaient les danseurs intéressés.

MmeCornue ne pouvait que les comprendre craignant elle-même les blessures. Elle se surprit, malgré les déceptions, à sourire à l’écoute d’une chanson qu’elle aimait particulièrement. Elle remarqua que les solos la rendaient heureuse, même si la valse lui manquait beaucoup. Il fallait bien qu’elle se rende à l’évidence : le temps demeurait le seul maître du rythme, lui seul lui permettrait de croiser son danseur étoile.

La peur

IMG_2701(2) La peur, celle qui nous fait paniquer à la simple apparition d’un degré de fièvre. La peur viscérale qui nous paralyse, nous assomme, nous empêche de respirer à pleine capacité. Une peur bleue qui étrangle, qui fait monter en nous un énorme sanglot douloureux. Une terreur si grande qu’on se demande comment il est possible de survivre à tout ça.

Ça marque profondément la peur, ça laisse des traces. Ça provoque de drôles de réactions de celles incrontrôlables qui nous obligent à refuser le partage de la douceur de notre bébé. Ça écorche la confiance qu’on a en les autres : conjoint, famille, ami(es), médecins…

Malgré tout ce temps passé, je me surprends souvent à angoisser à cause des microbes de sa fratrie. Je prie chaque soir pour ne plus jamais avoir à vivre ça. Je pose régulièrement mes orteils au bord du précipice de la panique pour une rue déserte traversée en courant. Je suis terrorisée à l’idée de les laisser seuls 2 minutes lorsqu’ils sont malades tout à coup il arrive quelque chose et que je brille par mon absence?!

Quand nos épaules supportent tout ce poids, il faut sans cesse se raisonner pour ne pas craquer. Le cerveau nous surchauffe souvent en grande partie à cause des idées qui jaillissent du sentiment de peur constante qui nous habite. J’ai remarqué que l’angoisse nait après le raz-de-marée. La vague émotionnelle l’amène inévitablement avec elle.

Puis y’a la crainte de ne pas avoir pris suffisamment de temps pour te pleurer, pour me rouler en boule avec un seul but ne pas mourir de douleur. J’ai peur de craquer, d’éclater, d’éparpiller mes petits morceaux si loin qu’il me faudra un temps fou pour les retrouver, ou pire qu’il m’en manquera pour me souvenir de toi. La peur me rend possessive de tout ce qui t’appartient, de chaque minutes passées avec toi. Je conserve jalousement dans ma mémoire tes derniers instants de vie. La peur d’oublier, de me déposséder en partageant ces bribes de souvenirs me retiennent de parler de toi, de me libérer de tes yeux que j’ai vu se vider.

La peur fait désormais partie de moi, je dois la trimballer partout où je vais. Elle enflamme mon coeur de colère lorsque je suis témoin de stupidité parentale, elle me pousse à m’améliorer pour ne plus jamais regretter…

Le temps passe…

Le temps, celui qui passe, celui invisible, celui qui ne change rien. Ce temps si précieux qui ne dure que l’instant d’une seconde, mais qui nous laisse croire à un avenir meilleur. Le temps éphémère d’un battement de cils, du battement d’ailes d’un papillon à l’autre bout de la Terre, d’un bisou doux donné du bout des lèvres. Le temps…

Six années d’absence, c’est long et si court à la fois. Le sablier s’égrène trop vite, trop lentement, il suspend ses grains le temps du raz-de-marée, puis reprend son rythme effréné. L’aiguille de l’horloge a fait des milliers de tours depuis ton départ, mais la peine demeure aussi vive. Deux médiums pour calculer le temps, deux outils qui me rappellent seulement que je dois profiter de chaque instant.

La vie est beaucoup plus douce avec nous ces dernières années. Le bonheur je l’ai atteint pour toi mon beau Biscuit d’amour. Je me fais un devoir de le poursuivre chaque fois que l’impression de le perdre me revient. Il le faut! Tu me pousses à avancer, à saisir chaque seconde de ce précieux temps qui nous a manqué. Je lui en veux. J’aurais donné des milliers de secondes pour que tu puisses en avoir plus. J’aurais suspendu ce foutu temps qui passe pour avoir le bonheur de te voir grandir…

Ce temps qui passe et qui n’allège rien. Ce temps qui m’apprend seulement à mieux vivre sans toi, à mieux retenir les vagues. Elles sont moins nombreuses, mais plus dévastatrices, colossales je dirais même. Première fois cette année que j’ai du sortir ta boîte. Je cherchais désespérément ton odeur de biscuit, en vain. Je me suis blotti dans ta couverture, dans ton dernier pyjama tout découpé et j’ai pleuré. Je pardonne un peu plus chaque fois, mais je n’oublierai jamais.

La colère est revenue me hanter. Je croyais naïvement l’avoir balayé du revers. Mais l’envie de frapper, de crier ma douleur, d’évacuer le trop plein s’est fait sentir. Pourquoi? Pourquoi? Pourquoi? J’ignore la réponse, je n’en cherche plus, car c’est inutile. Je suis abasourdie par la douleur sans trop savoir quoi faire, alors j’écris, je t’écris.

Je remonte ensuite la pente et je repars. Je suis intense dans tout ce que je fais. Je ralentis pour écouter mon corps qui se fatigue plus vite que ma tête, pour mieux redémarrer en trombe. Je goûte la vie que tu n’auras jamais. Je goûte à toutes les émotions qui traversent notre chemin en espérant que tu me regardes d’en haut et que tu puisses en percevoir toute l’essence.

Carpe Diem disait Horace dans un de ces poèmes :  » Cueille le jour présent sans te soucier du lendemain. » Même avant de te connaître je faisais de cette maxime une priorité. Ne jamais avoir de regrets sur mon lit de mort, le seul sera de ne pas avoir eu plus de temps avec toi.

Petit Biscuit Roux

Il y a 5 ans…

Il y a 5 ans, je me souviens, tu buvais ton lait à cette heure. Tu avais accepté de manger un yogourt… pour me faire plaisir peut-être ou par automatisme? Je me souviens, je t’ai couché dans ton lit par la suite, mais je t’entendais dormir d’un sommeil agité. Je ne me remercierai jamais assez d’avoir eu le réflexe d’aller te chercher pour te bercer, pour t’avoir près de moi.

Tu t’es envolé subitement dans mes bras alors que j’étais en ligne avec la centrale d’ambulance. La panique s’est subitement emparée de moi. J’ai vu ton regard se vider de la minuscule étincelle de vie qui te restait. J’ai vu le vide te remplir…  L’adrénaline a ensuite prit toute la place dans mon corps jusqu’à l’arrivée des ambulanciers. Je ne t’ai pas lâché jusqu’à ce que l’ambulancier me dise qu’il était là pour prendre la relève.

Je ne me rappelle plus de leur visage, pourtant je leur suis tellement reconnaissante d’avoir travailler si fort pour te ramener. Je me souviens par contre d’un infirmier de l’urgence, je le croise à l’occasion lorsque je travaille. Chaque fois j’ai un pincement au coeur, chaque fois ça me ramène à y’a 5 ans.

J’ai encore beaucoup de colère, elle s’estompe je t’assure, j’y travaille. Je suis de l’autre côté maintenant, celui du personnel médical qui a à faire face à toute situation. Je vois que ce n’est pas tout noir ou tout blanc, qu’il y a beaucoup de zones grises : les lacunes du système comme on dit. J’observe avec résilience tout ce que je ne peux changer, mais aussi tout ce qui peut faire la différence. Tu m’as fait grandir mon Biscuit! Je grandis encore grâce à toi. Tu m’as appris le sourire, le vrai!

Je suis consciente que je ne me remettrai jamais totalement de tout ça, jamais… On ne revient pas de la perte d’un enfant, on y survit malgré nous. Grâce à toi par contre, j’aspire au bonheur, non seulement pour moi, mais aussi pour tes frères et soeurs à qui tu manques tout autant.

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Je t’aime mon p’tit biscuit. Je n’ai jamais cessé de t’aimer. Tu me manques xxx

3 jours de retard!

Ne capotons pas avec ça, 3 jours de retard ce n’est pas la fin du monde… C’est ce que je me répète depuis ce matin sans trouver le temps d’agir. L’inactivité est parfois tout aussi constructive que la grosse production essoufflante, non? 3 jours de retard qu’est-ce que ça fait au fond? 

3 jours de retard ça peut vouloir dire la fin d’une vie tel qu’on la connait ou le début d’une autre dont nous ignorions jusque-là l’existence. Ça peut signifier un relâchement précoce de notre ambitieuse résolution. 3 jours de retard, finalement, ça peut vouloir dire bien des choses. 

Résolution pour 2014

Long time no see me direz-vous ce à quoi je répondrai : en effet! Je ne vous avais pas oublié, bon peut-être un peu, je manquais surtout de temps et de motivation. Mais, mais, mais la vie fait bien les choses! Au début janvier j’ai reçu par courriel les statistiques du blogue et n’ayant posté aucun billet en 2013 j’ai été un peu surprise de constater qu’on me lisait encore. Ça fait un petit bonheur de savoir ça je l’avoue! Comme je n’avais toujours pas pris de résolution pour 2014, je me suis dis que ça en serait une excellente que de réanimer le blogue; hebdomadairement du moins.

Il y avait un moment que j’y pensais. J’espérais retrouver l’envie d’écrire et même si elle n’a jamais été bien loin, la paresse l’a souvent remporté sur la motivation. J’ignorais et j’ignore encore comment ça tournera, mais je tiens à m’y remettre ne serait-ce que pour publier mes photos. Je crois d’ailleurs que derrière chaque photo il y a une histoire. Il ne s’agit que d’y réfléchir un peu et tendre la main pour cueillir l’émotion qui nous habitait lors du cliché. Lorsqu’on s’y arrête, on peut presque écrire un livre avec ça, c’est fascinant!

La vie déroule son ruban à toute vitesse, déjà près d’une année et demi de silence c’est pas rien. Les Cornus ont vieilli d’un an, deux pour Victoria. Ils sont pétant de santé, ils rayonnent d’énergie, ils déplacent toujours autant d’air et notre vie ressemble encore et toujours à un téléroman avec cette année qui commence en lion. J’élaborerai probablement là-dessus dans un prochain billet, car pour l’heure je souhaitais faire de ce premier billet un petit salut amical à tous mes lecteurs.

Sur ce, je vous souhaite une douce et belle année 2014!

Mijoté longtemps

J’ai longtemps été une fille de « coups de tête », je me laissais porter par mes pulsions du moment et je l’avoue je le regrettais parfois. Je remarque cependant depuis quelques années que je réfléchis à ce que je désire vraiment, je calcule, je pèse les pour, j’évalue les contre, je remets à plus tard certains achats question d’être certaine que c’est ce que je veux. Bref, je fais une « adule » de mon moi-même.

Je ne suis pas parfaite, j’ai encore des petits coups de tête occasionnels comme l’achat d’une caméra numérique DSLR sachant que je n’aurai pas beaucoup de temps pour m’en servir. J’en suis toujours satisfaite, je ne regrette pas cet achat, mais il aurait assurément pu attendre quelques mois de plus!

Au travers de tout ça, il y a des projets, des idées, des coups de coeur qui méritent qu’on s’y attarde. 3 ans que ça aura prit avant que je le réalise enfin. Plus de 1095 jours de réflexion, 17 520 heures de course pour mon petit hamster, pour soudainement avoir un éclair de génie et dessiner en deux temps trois mouvements l’image que je voulais immortaliser.

Heureuse n’est pas le mot, je suis euphorique. Je souris, je pleure, je contemple – oh ça oui! – je ne regrette surtout pas, je me sens plus complète, je suis fière! Ce projet je l’ai mijoté longtemps. Je ne me donnais pas droit à l’erreur cette fois. Je voulais quelque chose de simple qui les représenterait tous. J’ai réussi!

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