C’est en lisant ce blog, plus précisément le billet d’hier (14/06), que je me suis rappelé 2 années d’enfer.

J’entrais tout juste au secondaire. En fait, il n’y avait que les deux premières années du secondaire à cette école, on poursuivait le reste dans un autre pavillon, plus grand, plus accueillant, plus enrichissant et dans un tout autre quartier, par chance.

J’étais timide, mais entêtée. J’aimais l’éducation physique, la musique, les maths et le français. Je détestais la géographie, les arts plastique et surtout l’économie familiale, à cause de lui, ce garçon au visage d’ange… v’savez, le genre teint bazané, cheveux châtains plein de reflets de soleil, des copains à la tonne, « The cool kid » quoi!

J’étais son mouton noir, à cause de lui mon estime de soi a disparu, mon sourire aussi. Par chance, j’avais des amies, elles ignoraient tout, mais elles étaient là, c’est tout ce qui comptait.

Ça commencé par les moqueries, elles fusaient sans que je m’y attende, parfois tout le corridor se payait ma gueule, parfois ce n’était que lui et ses accolytes. (c’était bien assez que je me disais) Tout aurait pu être autrement s’il en était resté là, mais non ce n’était pas son plan.

Le sort s’acharne parfois sur nous, pour on ne sait quelle raison, il faut simplement apprendre à vivre avec j’imagine. Il avait son casier à côté du mien, je le voyais chaque fois que j’allais prendre mes livres. Il en profitait toujours.

Un jour vînt ou les moqueries ne lui suffirent plus, non il voulait aller plus loin, s’amuser, m’humilier davantage… À partir de ce moment, je suis devenu l’ombre de mon ombre, mon comportement a changé du tout au tout. Bien sur que je continuais à bien fonctionner, je me demande encore comment j’ai fait, comment j’ai pu poursuivre sans voir mes notes dégringoler, mais j’ai tenu le coup. C’est à la maison que ça n’allait plus, j’ai toujours eu tout un caractère, mais c’est devenu pire que pire…

l ne se passait pas une journée ou je ne me faisais pas tripoter par lui, ce n’est jamais allé plus loin, dieu merci. Le pire, ces copains l’observaient généralement, ne faisaient rien pour l’arrêter, jusqu’au jour ou je me suis défendu. Sa taille de moucheron contrastait avec ma carrure athlétique, lorsque j’ai compris que je pouvais me servir de mes cours de judo pour me défendre, j’ai vu rouge.

Il n’y avait personne dans le corridor ce jour-là, excepté moi, ma copine, lui et son copain. Il s’est essayé sur mon amie, elle l’a repoussé violemment… c’est là que j’ai allumé. Il s’est avancé vers moi, je l’ai poussé jusqu’au casier de l’autre côté du corridor. Son copain s’est subitement éclipsé un peu plus loin, laissant libre l’espace entre lui et nous. Je me suis avancée vers mon agresseur, je l’ai empoigné et je l’ai frappé sur les casier. J’ai su par après que ses pieds ne touchaient plus le sol, je n’en avais absolument pas eu conscience. Ce fût tout…

L’année suivante, il m’harcelait toujours, mais sans cesse à la course, avec très peu de témoin. Ensuite, on a changé d’école, lui quittait dans une autre ville avec ses parents. Je n’en ai plus jamais entendu parler.

Chaque fois que j’entends son nom ou quelque chose qui lui ressemble, je frisonne, c’est immanquable. J’ose à peine imaginer ce que vive les victimes de viol, ça doit être horrible. Je me trouve chanceuse de m’en être sorti ainsi, ça aurait pu être bien pire.

Merci la vie, grâce à elle j’ai grandis et j’ai fais mon chemin.

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