Mes joues rougissent de plus en plus, mon rire est trop souvent jaune et mes lèvres se pincent à en devenir bleu. Personne ne m’a dit que les transformations s’opéraient dès la naissance de nos rejetons, on devient des êtres fabuleux, doux, sensibles, mais aussi atrocement méchants, sadiques, tortionnaires.

Et puis, ça vient par phase. Parfois, on se rend à peine compte qu’on s’est transformé, d’autres fois c’est flagrant.

En ce moment, je suis devenue perroquet, v’savez les gros azur avec la pointe des plumes rouges ?? C’est moi ça ! Mon bec répète sans cesse les mêmes consignes, jour après jour, il pince quelquefois avec ses conséquences et punitions, il crie aussi à son grand désespoir, car la culpabilité suit toujours de près, mais bon entre crier ou frapper, je préfère crier, même si ce n’est pas trop pédagogique.

J’aime bien être perroquet, c’est joli, ça roule sous les caresses, c’est fatiguant, mais ça aime à la folie. J’aime bien déployer mes ailes et faire de la place à mes petits becs crochus, ça les réchauffe, les réconforte.

J’aime bien être tigresse, c’est élégant je trouve, mais au combien effrayant quand ça décide que c’est assez. Je sors souvent les griffes lorsqu’il est question de ma marmaille, je n’accepte pas beaucoup qu’on les approche, je les prête rarement. Eux préfèreraient peut-être que je le fasse plus souvent, mais ça c’est une autre histoire.

Ce qui est bien avec les transformations, c’est les changements aussi fréquents que soudain qu’il nous ait possible de faire. Je passe facilement de perroquet à tigresse ou de limace à gazelle, chaque situation à son costume laissant souvent les gens perplexes. Tant mieux, si ça peut leur faire peur, ils s’abstiendront peut-être de taponner un bébé dans un magasin ou d’être insulter quand un enfant de 3 ans ne les salue pas. (vous avez pas appris à ne pas parler aux étrangers vous ?)

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