Dans la plupart des livres sur la petite enfance, on aborde le sujet de l’estime de soi. C’est très important, il faut travailler fort en tant que parent à leur forger une estime d’eux-mêmes, les encourager, les féliciter, les récompenser(?). Il faut faire tout ce qu’il y a en notre pouvoir pour qu’ils se sentent importants, bons, forts et qu’ils puissent accomplir leurs activités comme de bons petits robots qu’ils deviendront, bien moulés au système éducationnel et sociétaire.

Alors, comme tout parent qui se respecte, j’encourage, je félicite, j’applaudis à chaque exploits de mes Cornus espérant secrètement qu’ils me remercient un jour de tous ces applaudissements parfois ridicules. Il va s’en dire que tout est sujet à félicitations, des premiers pas à 1 an, en passant par le premier barbouillage à 18 mois, à l’entraînement à la propreté. Je n’ai jamais tant dansé dans une salle de bain que depuis 4 ans!!

C’est vrai non? On a l’air de vraies hystériques, nous les mères, lorsque notre rejeton fait son premier pipi dans le pot. Un plan pour les traumatiser à vie de ce soulagement simple et soulageant vital. On piétine les carreaux de la salle de bain, on lève les bras au ciel, on hurle presque notre joie tant et tellement on est fière de ce relâchement des sphincters. À chaque fois on exprime notre bonheur, hein? Et avouons-le ce n’est pas tant parce qu’il a fait dans le pot que parce qu’enfin on pourra cesser de changer des couches de m*rde, avouez?!

Bref, comme je disais, j’ai fait tout ce manàge avec mes deux premiers Cornus, j’imagine que je ferai pareil avec la dernière, donc je félicite à tout vents à coup de : « Bravo! », « Super! », « Tu es bonne! », « Continue tu vas y arriver! ». Si bien que pour une fois ça n’est pas tombé dans l’oreille d’un sourd, je pourrai au moins me pèter les bretelles sur une chose : mes Cornus savent féliciter quelqu’un au moment opportun.

Nous étions dans un magasin à grande surface, à croire que se sont les seuls à avoir des toilettes pour les clients, et donc nous sommes allés à la salle de bain avant de repartir pour un petit tour de voiture et aussi pour se décrasser les mains de tout ce qu’ils avaient mangés le long des allées. J’y amène donc Fillette et Fiston Cornus, on s’insère tant bien que mal dans une minuscule cabine, ça doit être beau de nous voir essayer de fermer la porte tous coincés dans le coin de la cabine, autour du bol sans convercle… Ils y vont donc chacun leur tour, puis je me dis aussi bien y aller également, on aura pas à arrêter en chemin pour vider mes 2 cafés.

Je m’exécute donc ou plutôt j’essaie de me relâcher parce qu’avec deux petites pies en puissance ce n’est pas chose aisée de se concentrer pour uriner. Entre les « C’est quoi ça maman? », « Tu veux du papier de toilette? », « Non, lâche le bouton de la porte je n’ai pas terminé!! » j’y arrive enfin. J’y vais à fond, pas trop de temps à perdre lorsque la porte menace de s’ouvrir parce que Fiston a tourner le loquet, je regarde nerveusement la porte de la cabine lorsque j’entends, en choeur : « Bravo maman t’as fait un beau pipi! »

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