Dimanche matin très tôt, je sens une vague déferler dans mon ventre, comme tant de fois ça m’est arrivé les dernières semaines. J’ai l’habitude d’avoir une ou deux contractions avant de me lever, je ne regarde pas vraiment l’heure. Puis, une autre suit sans trop se faire attendre, en tout cas assez près de la première pour me faire croire que quelque chose se prépare. C’est normal de toute façon, j’en suis presqu’à 40 semaines, il faut bien que le terrain travaille un peu.

Je me réjouis tout de même, c’est plus de contractions en 2 heures que je n’en ai eu durant toute la semaine. Je sais pourtant que je ne suis pas en vrai travail. Je me présente donc à mon rendez-vous vers 9h30, j’ai hâte de voir les accélérations de ma grenouille, j’ignore pourquoi mais d’être ainsi retardée me stresse énormément malgré que bébé bouge encore TROP bien pour son terme!

Rapidement, je m’aperçois que les vagues déferlent en mois aux 5 minutes…  je n’en sens qu’une sur 3 ou 4. Je savais bien que quelque chose se tramait ce matin! Je suis en latence, c’est une évidence pour moi, je me prépare mentalement une après-midi de marche.

Le médecin passe me voir pour me refaire un « stripping », je m’empresse de lui dire que je suis aux 5 minutes, mais que je ne sens pas grand chose. Il me propose alors de m’admettre, en après-midi les chambres se libèreront et donc je pourrai accoucher en sa présence, sans inquiétude. Je panique un peu intérieurement… je n’ai pas dit aurevoir à mes cocos, ils jouaient en paix quand je suis partie et pour éviter les crises j’ai filé en douce…  Les larmes me montent aux yeux, IL FAUT que je retourne chez moi, de toute façon je dois aller chercher mon chum.

Le médecin m’envoie donc en préparation. On m’installe mon intra-veineux, c’est long parce que je suis difficile à piquer, mes veines fuient ou éclatent, je vais sortir aussi trouée qu’une passoire que je me dis. Finalement, non, la seconde infirmière à trouvé rapidement. Voilà ma première dose d’antibiotique! Je peux quitter et revenir après le dîner.

Entre-temps j’avais appelé l’Homme pour qu’il rejoigne ma mère. Elle est arrivé en panique, pauvre elle, ma soeur lui a dit que c’était l’heure et donc de s’en venir. Elle a pas comprit que je n’étais pas en gros travail encore, mon chum a du lui dire de se calmer un brin, lollll

Il est 13h30 et je ne sens plus tellement de vague déferler, je sens pourtant que c’est le grand jour. Je suis fébrile, toi aussi, tu es très calme contrairement aux jours précédents. Bientôt, nos regards se croiseront, je pourrai respirer ton petit cou, caresser tes cheveux et tenir tes mains. J’ai hâte!

14h30 : nous arrivons à la maternité, ma chambre est déjà libre, ne reste qu’à la nettoyer et installer tout ce qui faut pour ton arrivée. J’arpente les corridors du cinquième étage de long en large et je contracte. Je suis aux 4-5 minutes, wow et je les sens!!! Dès que je fais une pause, ça s’arrête, ça ne m’inquiète pas puisque je serai induite, je le sais!

15h45 (environ) : je suis branchée sur un bel arbre de noël. J’ai 4 poches de liquides qui me coulent par deux intra-veineux, les joies du diabète gestationnel et du streptocoque positif! Je m’en fous, n’importe quoi pour me rapprocher de toi mon petit paquet!

Je suis rapidement aux 2 minutes, dès la première dose de syntho en fait. Je me fais très bien comprendre : je ne veux pas qu’on augmente la dose en malade, pas comme la dernière fois!! Tant que je suis régulière et que ça avance, j’exige qu’on maintienne la dose. Je suis contente, on respecte ma demande et je contracte sereinement.

17h ou 18h (ce n’est plus très clair dans ma tête) : on m’examine, première fois depuis midi alors que j’étais à 4 cm soit 1,5 cm de plus que la semaine précédente. Je suis maintenant à 5+, je décide d’attendre encore pour rompre les membranes, on le sait que ça fait mal après ça!

Je contracte vraiment beaucoup maintenant, elles se prennent bien, on jase, on rit, l’atmosphère est vraiment très agréable! De loin un des plus bel accouchement que j’ai eu à date. L’infirmière est vraiment génial, je n’aurais pu mieux avoir.

19h : je crois que j’ai rompu les membranes, pour la 3e fois depuis le début, hahahah!! Cette fois c’est vrai, il semble avoir présence de liquide dans mon protège-dessous. Je m’installe avec l’arrivée du médecin et il crève les eaux plus franchement. Ça coule, c’est chaud et j’anticipe la douleur… étrangement elle ne vient pas. Je suis très surprise, je n’ai pas souffert jusque-là, mais je m’attendais à ce que ça m’inonde dès les eaux crevés, mais non!

19h15 : je peux enfin me lever, c’était rendu très inconfortable. Les vagues déferlaient très fortement en moi, je me sentais sur le point de perdre le contrôle. Je suis désormais sur le ballon, endroit ou je ne sentais pas mes contractions 20 minutes auparavant. La douleur est très présente, ça pousse trop fort, je ne supporte plus cette sensation dans le bassin, coudont vais-je fendre en deux?!

19h45 : je n’en peux plus, ça pousse vraiment trop sur le périné, l’infirmière me croit complète et moi je sens la panique monter! J’ai mal, les vagues sont trop fortes, je n’arrive plus à bien les maîtriser, mais je ne veux surtout pas les retenir. Je pousse tout en écoutant à moitié le médecin. Je suis à 8cm, 2 petites poussées et je suis complète.

19h50 : je ne vois pas l’heure, mais ce qui m’a paru une éternité n’est en fait qu’un petit 5 minutes qui passent. J’ai complètement perdu le contrôle! Je n’arrive pas à pousser, ça fait trop mal. La contraction monte et je pleure, j’ai beaucoup de misère à lever mes jambes, pourtant je sens que c’est ce que je dois faire.

Ma tête ne suit plus, je pleure et je gémis. J’ai mal, trop mal, c’est insupportable cette maudite douleur! L’os du pubis va m’ouvrir, ça pas de sens. Sortez-le de là quelqu’un! Je sais pourtant que je dois pousser avec ma douleur, que sans elle ça ne finira jamais, mais je souffre trop pour raisonner correctement. Pour que la douleur s’arrête, je dois pousser, mais plus je pousse, plus c’est douloureux. Je me sais en plein cercle vicieux!

19h55 : je crie que je n’en peux plus, je n’y arrive pas, j’ai beau pousser, ma volonté me lâche dans le « pic » de la contraction. Je sens très bien les épaules de mon bébé dans mon bassin, je le sais que c’est ce qui fait mal puisque la tête est tout prêt, on me le répète depuis 10 minutes.

Je demande de l’aide, faite quelque chose, je pleure, je ne me contrôle plus du tout, j’ai trop mal. Maudit pourquoi j’ai pas pris l’épidural, je comprends maintenant que, OUI, elle fonctionnait tout de même un peu lors du dernier accouchement! Le foutu bloc oncteux ne soulage absolument rien, en tout cas pas où je l’aurais voulu.

Le médecin sort la ventouse, j’ai su par après par mon chum que c’était plus un placebo qu’autre chose. Le médecin n’a pratiquement pas tiré, j’ai fait tout le travail avec en tête que tout se terminerait ensuite. J’ai donc poussé avec l’énergie du désespoir.

Ta tête est sorti, tu étais enfin là mon amour! Ton corps a suivi rapidement par la suite, malheureusement papa n’a pas pu t’accueillir à cause de la ventouse, mais aussi à cause d’un petit tour de cordon.

Tu es parfait, tu es tout rose, tu pleures déjà très fort. Ce que tu es beau mon Cornu! Le plus beau, c’est clair! Tu es si petit, à peine 7,6 livres, moi qui croyait porter un gros tocson de 8-9 livres…  Tu sens si bon, on dirait un biscuit fraîchement sorti du four… tu sens le goglu, je me demande si tu goûtes aussi bon?!

Tu étais fin prêt à sortir, ce n’était qu’une question d’heure. Tu avais déjà lâché un peu de méconium dans le liquide et dès ta sortie en fait. Tu es parfait, tu es moi, tu es nous, tu es notre 4e merveille Cornue!

Je t’aime petit Benjamin!!

Publicités