Je n’avais rien à faire pour une des rares fois depuis l’accouchement, et comme qui dirait, je brettais sur l’ordinateur à la recherche d’un besoin quelconque à combler, je lisais ici et là au gré de ma liste de blogueurs, je visitais et revisitais les forums, pour finalement décider de regarder les photos accumulées dans mes dossiers.

J’ai pu revoir mes belles tulipes planter amoureusement l’automne dernier dans l’espoir qu’elles fleuriraient au printemps. J’ai revu l’hiver et ses nombreux flocons sur notre balcon, j’ai revu le premier bâton glacé mangé par les Cornus ce printemps alors que le soleil commençait à peine à nous réchauffer les joues.

Et j’ai revu ma bedaine. Ma belle grosse bedaine ronde remplit du plus beau paquet d’amour au monde. J’ai revu sa belle frimousse toute fripée au sortir de son condo privé. Je l’ai revu dans son premier pyjama, le vert avec le petit lapin beige dessus qui a fait craqué tout l’étage par son originalité.

Puis je l’ai senti monter, cette énorme boule d’émotion pure, celle-là même qui vous fait vous demander si vous n’en mourrez pas tellement vous sentez qu’elle est puissante! Celle qui vous retourne le coeur, les entrailles et le corps en entier de par sa force et sa chaleur. Celle qui fait éruption autant dans les bons que dans les mauvais moments. Les sons ne peuvent se faire entendre, vos paupières ne battent plus assez pour évacuer tout se flot de larmes, l’espace d’un instant vous ne voyez plus ce qu’il y a devant vous tellement la vague est immense. L’émotion prend toute la place, brûlante, angoissante et apaisante tout à la fois.

Plus rien n’existait l’espace d’un instant, je ne voyais que mon fils, si minuscule devenu si grand tout à coup. J’avais mal de savoir que jamais plus je ne vivrai ce moment, jamais plus personne ne nagera dans ma piscine intérieur. Je pleurais à chaudes larmes ce bébé qui en est de moins en moins un avec les jours qui passent. Bien sur que son évolution me gonfle le coeur de fierté, mais il me reste tout de même une petite place pour la nostalgie.

Cet après-midi, en me remémorant mon accouchement, puis notre première rencontre, j’ai réalisé que je ne ferais jamais mon deuil de la maternité. Malgré les mauvais jours, malgré que j’adore vivre avec des grands bambins autonomes, malgré que je me dis « plus jamais »…  je n’en ferai jamais mon deuil. Je me trouve cinglée, car je manque souvent de patience, je rêve de garderies tellement je suis à bout par moment, mais je n’arrive pas à me dire que c’est la fin d’un cycle, que la vie continuera de naître, mais ailleurs…

Je me prends à penser que dans 5 ans, il se pourrait bien que j’aie envie d’un petit dernier. Il va en falloir des arguments pour convaincre le papa! Ce deuil que je n’ai jamais eu à faire après la troisième Cornue, je le vis à fond cette fois à mon grand désarroi… la vie nous réserve bien des surprises hein ;)

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