Depuis plus d’une heure déjà que je suis réveillée, j’attendais en vain un sommeil qui n’est visiblement pas revenu. J’en profite pour siroter un café bien chaud, ça fait longtemps que je ne sais plus c’est quoi, un café chaud!

Je me suis endormi hier soit en songeant à ma belle grande Cornue. J’en reviens toujours pas de voir à quel point elle a grandit. Déjà la maternelle, non mais c’est fou ce que le temps passe!!! J’étais si fière d’elle hier matin quand je l’ai laissé au bon soin de son professeur pour aller rencontrer le directeur avec tous les autres parents de la maternelle. Je ne réalisais pas combien c’était une étape importante dans la vie de ma cocotte. Je crois que ça fait parti des nombreux évènements imprévisibles de la vie, au même titre qu’un accouchement, qu’un coup de foudre ou même que la mort. On a beau tourner la situation dans tous les sens, jamais on ne peut vraiment savoir de quel côté on aboutira ni quelles émotions on ressentira au moment précis où ça arrivera.

À mon grand étonnement, moi qui suis une fontaine sur deux pattes, j’ai la larme facile surtout depuis que j’ai des enfants. Je ne me maquille jamais pour cette raison d’ailleurs, j’ignore à quel moment j’aurai à verser une larme alors aussi bien prévenir les coulisses noires de mascara!

La journée s’est merveilleusement bien déroulée. Je ne l’ai pas dit trop fort, mais j’étais tellement, mais tellement soulagée et rassurée de pouvoir vivre ces premières minutes d’entrée à la maternelle avec ma grande amie Vivi. Par un drôle de hasard elle s’est ramassé à la même école que ma fille et bien que les circonstances de ce changement ne soit pas si amusantes que ça, moi ça m’a fait un bien fou de la savoir là et surtout de partager les quelques minutes de tour du quartier avec elle.

Ma belle Cornue a fait ça comme une championne! Faut dire qu’elle avait si hâte de commencer l’école, ça fait déjà plus d’un an qu’on lui répète qu’après l’hiver viendra les nouvelles feuilles et ensuite le soleil (on s’est fait avoir sur ce coup-là!) et qu’enfin, lorsque les feuilles tomberont, hé bien ce sera le temps d’aller à l’école. Son professeur a l’air bien gentille, stricte, mais tout en douceur. Moi en tout cas j’ai bien apprécié ce contact.

Alors que je me croyais sorti du bois, je me disais, yé, je n’ai pas pleuré, j’ai fait ça comme une grande…  Erreur! Les chutes Niagara sont débarquées alors que je m’étendais pour la nuit. J’étais enfin seule avec moi-même pour faire un retour sur la journée. J’ai à ce moment réalisé à quel point la maternelle ferait un grand vide dans ma maison année après année en fait. On dirait que quelqu’un venait de m’annoncer que ma fille disparaîtrait à jamais, que quelqu’un me la volerait et que malgré tous mes efforts je n’y pourrais absolument rien. Je devais faire le deuil de mon enfant, je devais graver dans ma mémoire ses éclats de rires, son sourire, sa douceur, sa petite baboune boudeuse… à ce moment précis je m’ennuyais d’elle comme jamais c’est arrivé depuis 5 ans.

Mon bébé n’en était plus un, je devais le réaliser subitement parce que mon cerveau et mon coeur, bien que préparé à cette éventualité, n’avaient pas suivi le rythme, avaient oublié quelques notes pour bien jouer la mélodie.

Ce matin, 5:00 am tapant, je songeais à ces 180 jours de classe qui me sembleront une éternité à traverser. Je réfléchissais à tous les plaisirs qu’elle nous partagera à sa sortie de l’autobus, à toutes les découvertes qu’elle fera, à tout les secrets qu’elle gardera pour elle… et je pleure. Je pleure de joie, d’envie, car je me remémore à quel point j’adorais l’école. Je pleure de tristesse aussi parce que ça passe trop vite une vie, parce que j’ai l’impression que c’était hier que je la nourrissais à la cuillère et qu’elle faisait ses premiers pas. Je pleure parce que je sais qu’une étape vient d’être franchie et qu’une autre, puis une autre, puis une autre suivra jusqu’à ce que tous mes bébés soient à la maternelle.

Je pleure parce que ma belle grande fille est si heureuse de retourner à l’école ce matin et encore plus de prendre l’autobus pour revenir. Elle est encore si petite, mais déjà si grande tout à la fois.

Bonne année en maternelle ma cocotte d’amour, maman t’aime et t’attendra chaque jour au coin de la rue avec impatience. J’ai hâte d’entendre tes belles histoires et de voir les étincelles dans tes yeux.

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