3h22 du matin, nuit glaciale, ronflement lointain qui se rapproche de plus en plus signe que vous allez vous réveiller dans un futur très, très rapproché…

Moi – Chéri tu ronfles!

Lui – ah, s’cuse…

Moi – Chéri, tournes-toi que je puisse me tourner j’ai le bras en compote!

Lui – hummmmfffffff…

Finalement au bord du sommeil, vous vous rendez compte que l’autre côté était plus confortable malgré une probable amputation de votre bras pour cause de circulation quasi inexistante. Vous vous tournez donc afin de peut-être enfin trouver le sommeil.

4h15 du matin, à peine endormi, aussitôt réveillé, vous grelotez, vous vous doutez du pourquoi, mais vous n’avez qu’une seule envie, c’est tirer de toutes vos forces sur le peu de couverture qui vous reste par pur esprit de vengeance.

Vous vous exécutez évidemment, parce qu’à cette heure, le rationnel a pris le bord ça fait longtemps. Malheureusement, vos forces semblent vous avoir quittées avec votre raison puisque la foutue couverture ne bouge pas d’un poil… Vous tirez de plus bel, cette fois avec toute la vigueur disponible à une heure aussi matinale et c’est à ce moment que vous entendez : BOUM!!!

D’un seul bon vous vous levez, vous avez bien entendu un bruit, trop près de vous pour n’être qu’une hallucination, vous bravez la noirceur de votre chambre pour allumer la lumière. Vous trébuchez sur quelque chose, manquez de peu le cadre de porte et son coin tranchant, il ne reste plus un saint au ciel puisque vous avez eu le temps de tous les descendre lorsque vous vous êtes accroché le petit orteil sur la porte entrouverte et vous découvrez, en ouvrant finalement la lumière, votre madame V. étendu par terre, déboussolée, endormie et grelottante.

Vous réalisez soudainement que ce n’était pas « Chéri » qui vous avait vilement volé votre couverture, mais bien la prunelle de vos yeux, celle que vous avez presque écrasé en tentant d’allumer la lumière. Vous la ramenez à son lit, regagnez rapidement le vôtre dans l’espoir de vous rendormir.Vous constatez que malgré tout ce va-et-vient, « Chéri » dort toujours d’un sommeil dur et réparateur, vous n’avez alors aucune pitié! Vous vous étendez à ses côtés, vous le poussez pour qu’il se tourne et vous tirez tout ce qui lui reste de couverture question d’assouvir vos envies sadiques.

Le lendemain matin, non seulement vous vous rendez compte qu’il a dormi comme un loir, mais en plus il a l’audace de se venter avoir eu une bonne nuit! Vous vous étranglez presque dans votre café lorsque vous l’entendez vous dire que vous avez l’air « du yable », malgré le fait qu’il vous ait laissé dormir 15 minutes de plus, qu’avoir su, il les aurait pris, lui, les minutes supplémentaires…

Vous faites mine de ne pas entendre qu’il est dans la douche et vous ouvrez le robinet d’eau chaude pour rincer tous les bols du déjeuner! Gnak! Gnak!