Étiquettes

,

En regardant par la fenêtre ce matin, j’ai vu que la glissade était sorti de son piège blanc. Les larmes se sont mises à couler sur mes joues sans que je n’y puisse rien. Je l’imaginais si souvent courir dans le gazon, en riant, grimper l’échelle et glisser. J’avais si hâte de lui faire découvrir l’été, il aurait été le premier bébé de la famille à pouvoir profiter de l’extérieur autant qu’il veut. Il aurait été le premier à pouvoir rouler dans le gazon à cet âge, vu que nous étions en appartement avec les autres, c’était plus difficile de sortir plusieurs heures d’affilées.

J’ai plein de vêtements qu’il ne portera jamais, je ne veux pas y croire. Il me manque tellement, mais tellement! Mes larmes et mes pleurs sont autant de plainte à un bourreau qui ne nous donnera jamais la liberté. Je prie pour qu’on me le ramène, je questionne, j’injure, mais rien n’y fait, il faut que mon coeur accepte ce constat déchirant… Je l’entends me battre à l’oreille qu’il ne pourra jamais l’accepter, rien ne pourra jamais effacer cette douleur, cette envie de le voir vivre, rire et courir…

Ce matin, il n’y a que papa d’absent. Il devait aller au bureau pour l’avant-midi… c’est la première fois que je suis seule. J’éclate en milles miettes et j’espère que ça fera du bien. La vie ne nous donne pas de répit. Les 3 Cornus sont tous malades, aucune infection n’a été détecté dans les formules sanguines, ni l’influenza d’ailleurs, mais ils ont le VRS (virus respiratoire syncytial) il n’y a rien à faire, sauf d’attendre que ça passe. Il faut reconsulter si des troubles respiratoires se font sentir… ben oui et on arrive à l’urgence et on se faire dire que ben non, il n’y a pas de tirage. Viarge!

Hier, nous étions dans la même salle qu’il y a deux semaines alors que notre bébé respirait toujours. Nous avons croisés les visages devenues familiers… c’était atroce! J’ai revu la salle où notre bébé a été déclaré mort. J’ai revu le lit de son décès, la chambre était vide, heureusement. Les gens sont anormalement gentils avec nous, ils savent qu’une épée leur pend au-dessus de la tête, non pas les infirmiers-infirmières, mais les médecins. Nous attendons seulement de savoir si notre cause est recevable avant d’entamer les procédures.

Je viendrai un moment donné relaté tout ce qui s’est passé, je sais que j’en aurai besoin, je sais qu’à ce moment, je lâcherai un gros morceau, mais que ça me fera du bien. Je donnerais tant pour le revoir, je donnerais tant pour que tout ça ne soit jamais arrivé…

Mon bébé je t’aime, je ne t’oublierai jamais xxxx