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Les premiers jours, voir les premières semaines après « l’innommable », je me surprenais souvent à entendre mon Benjamin babiller, pleurer, m’appeller de sa chambre. C’est aussi durant ces semaines-là que j’ai le plus rêvé de lui. Depuis, plus rien…  Qu’un long silence plus lourd à porter que la pire des plaintes.

Contrairement à quelques témoignages que j’ai lu, je n’ai pas vu ou entendu de manifestation de sa part et ça me désole. J’aimerais que ça m’arrive, ce serait pour moi une preuve ultime qu’il tient à nous, non?

Il y a bien des semaines que je n’ai pas parlé de lui, du moins pas en détails. J’en suis incapable, mais je sens que le mur approche, celui qu’on frappe à intervale plus ou moins régulier. Les deux premiers mois ont été les pires à date, puis son anniversaire et bientôt l’échographie de « petit escargot », car malgré ce filet de vie qui grandit en moi, la tristesse elle ne s’en va pas, elle nous balance plutôt entre la joie et la peine… Constante dualité qui fait monter la culpabilité, la vilaine qui nous fait se sentir coupable de rire, d’oublier l’espace d’un instant.

J’ai toujours aussi peur de sombrer…