Je ne la côtoie pas vraiment, en fait, je ne l’ai même jamais vu, mais je pense à elle très souvent. Trop. Elle est une petite fille courageuse et une battante ça j’en suis certaine.

Pour elle et pour des milliers d’autres enfants qui vivent la même chose j’ai cessé de me plaindre lorsque l’attente était trop longue. J’ai cessé de soupirer et de rechigner contre les nombreux rendez-vous, parce qu’ils ne sont rien à côté de ceux que doivent supporter cette petite fille et sa famille.

Grâce à elle, je crois être devenue une meilleure personne et aujourd’hui j’ai croisé plein de petite Émilie lors d’un bref passage au 7e étage de notre hôpital. La salle de jeux colorée, chaude et accueillante. Le sourire des enfants, des parents aussi. L’entraide et la compassion que je pouvais lire dans le regard de chacun, mais la tristesse aussi.

Thomas s’est fait pipi dessus parce que le petit sac pour récolter l’urine était percé. Il a dégouliné jusque dans la petite salle de prélèvement. Une maman s’est levé, a enfilé un gant et a tout essuyé pour moi. C’est avec une boule dans la gorge que je l’ai remercié ne sachant trop quoi dire pour lui démontrer ma sympathie.

Je n’ai qu’entrevue ce que doit être une journée dans la vie de la belle Émilie et sa famille et je sais que je ne veux jamais vivre ça. J’espère que je n’aurai plus à visiter cette étage, je souhaite que la santé des miens perdure parce qu’il y a déjà trop d’Émilie, il y a déjà trop d’étages aux odeurs bizarres aux salles de jeux teintées de tristesse malgré les sourires.

Alors pour toute les Émilie du monde, mais surtout pour celle que je connais sans qu’elle ne me connaisse,  je vous envoie une tonne de pensées qui je l’espère seront magiques.

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