Février, j’ai envie de rien, je suis fatiguée et les corvées me pèsent plus que les autres mois. En février, je me promène la peine au coeur, un poids sur les épaules, un boulet au pied avec dans les yeux de ces éclats que l’on dit terne, voilé, vide.

C’est un mois qui a toujours été plus difficile, je dois faire partie de celle qui aurait bien besoin d’aller dans le sud pour transformer un peu de soleil en vitamine D. Depuis 3 ans c’est encore pire! Je sais que je passe toujours au travers, mais cette année la pilule me râpe la gorge. Je pense à mon fiston ailé, mais aussi à la grande cocotte de ma copine qui a choisi d’enfilé ses ailes en décembre.

Je dors mal, je mange moins, j’ai la tête dans les nuages. Peut-être ai-je l’espoir de les voir gambader ensemble?

Il ne me manque plus autant qu’avant, mais en février le gouffre semble vouloir m’engloutir à nouveau. Je sens mes pieds glisser dangereusement sur le bord de la falaise, j’ai peur même si je sais que le sol va cesser de s’égrainer. Je sais que la tempête se calmera et que la plaie se refermera. Et puis le doute m’envahit :  » et si j’avais pu faire quelque chose? Et si j’avais réagit différemment? Et si… ?? Et si… ?? Et si …?  »

Pouvoir revenir en arrière le ferais-je sachant que ma vie depuis 3 ans disparaîtrait à jamais? Pourrais-je me convaincre de sacrifier tout ça pour revoir mon beau Benjamin? Si j’avais la certitude que je n’aurais pas à choisir entre mes deux fils, je le ferais, mais jamais je n’accepterais de remplacer Thomas par Benjamin ou l’inverse. Ma vie contient 5 gamins dont un qui nous attend sur les nuages.

Mais bon dieu que j’aimerais savoir qui il est, ce qui l’intéresse, qu’est-ce qui le fait vibrer du haut de ses 3 ans et demi. Je ne peux que me permettre de rêver le temps que mon coeur se calme et que le soleil revienne.

Vient-en printemps, nous sommes plusieurs à t’attendre pour recommencer à sourire!!