Il y a 5 ans, je me souviens, tu buvais ton lait à cette heure. Tu avais accepté de manger un yogourt… pour me faire plaisir peut-être ou par automatisme? Je me souviens, je t’ai couché dans ton lit par la suite, mais je t’entendais dormir d’un sommeil agité. Je ne me remercierai jamais assez d’avoir eu le réflexe d’aller te chercher pour te bercer, pour t’avoir près de moi.

Tu t’es envolé subitement dans mes bras alors que j’étais en ligne avec la centrale d’ambulance. La panique s’est subitement emparée de moi. J’ai vu ton regard se vider de la minuscule étincelle de vie qui te restait. J’ai vu le vide te remplir…  L’adrénaline a ensuite prit toute la place dans mon corps jusqu’à l’arrivée des ambulanciers. Je ne t’ai pas lâché jusqu’à ce que l’ambulancier me dise qu’il était là pour prendre la relève.

Je ne me rappelle plus de leur visage, pourtant je leur suis tellement reconnaissante d’avoir travailler si fort pour te ramener. Je me souviens par contre d’un infirmier de l’urgence, je le croise à l’occasion lorsque je travaille. Chaque fois j’ai un pincement au coeur, chaque fois ça me ramène à y’a 5 ans.

J’ai encore beaucoup de colère, elle s’estompe je t’assure, j’y travaille. Je suis de l’autre côté maintenant, celui du personnel médical qui a à faire face à toute situation. Je vois que ce n’est pas tout noir ou tout blanc, qu’il y a beaucoup de zones grises : les lacunes du système comme on dit. J’observe avec résilience tout ce que je ne peux changer, mais aussi tout ce qui peut faire la différence. Tu m’as fait grandir mon Biscuit! Je grandis encore grâce à toi. Tu m’as appris le sourire, le vrai!

Je suis consciente que je ne me remettrai jamais totalement de tout ça, jamais… On ne revient pas de la perte d’un enfant, on y survit malgré nous. Grâce à toi par contre, j’aspire au bonheur, non seulement pour moi, mais aussi pour tes frères et soeurs à qui tu manques tout autant.

img_1516

Je t’aime mon p’tit biscuit. Je n’ai jamais cessé de t’aimer. Tu me manques xxx