Le temps, celui qui passe, celui invisible, celui qui ne change rien. Ce temps si précieux qui ne dure que l’instant d’une seconde, mais qui nous laisse croire à un avenir meilleur. Le temps éphémère d’un battement de cils, du battement d’ailes d’un papillon à l’autre bout de la Terre, d’un bisou doux donné du bout des lèvres. Le temps…

Six années d’absence, c’est long et si court à la fois. Le sablier s’égrène trop vite, trop lentement, il suspend ses grains le temps du raz-de-marée, puis reprend son rythme effréné. L’aiguille de l’horloge a fait des milliers de tours depuis ton départ, mais la peine demeure aussi vive. Deux médiums pour calculer le temps, deux outils qui me rappellent seulement que je dois profiter de chaque instant.

La vie est beaucoup plus douce avec nous ces dernières années. Le bonheur je l’ai atteint pour toi mon beau Biscuit d’amour. Je me fais un devoir de le poursuivre chaque fois que l’impression de le perdre me revient. Il le faut! Tu me pousses à avancer, à saisir chaque seconde de ce précieux temps qui nous a manqué. Je lui en veux. J’aurais donné des milliers de secondes pour que tu puisses en avoir plus. J’aurais suspendu ce foutu temps qui passe pour avoir le bonheur de te voir grandir…

Ce temps qui passe et qui n’allège rien. Ce temps qui m’apprend seulement à mieux vivre sans toi, à mieux retenir les vagues. Elles sont moins nombreuses, mais plus dévastatrices, colossales je dirais même. Première fois cette année que j’ai du sortir ta boîte. Je cherchais désespérément ton odeur de biscuit, en vain. Je me suis blotti dans ta couverture, dans ton dernier pyjama tout découpé et j’ai pleuré. Je pardonne un peu plus chaque fois, mais je n’oublierai jamais.

La colère est revenue me hanter. Je croyais naïvement l’avoir balayé du revers. Mais l’envie de frapper, de crier ma douleur, d’évacuer le trop plein s’est fait sentir. Pourquoi? Pourquoi? Pourquoi? J’ignore la réponse, je n’en cherche plus, car c’est inutile. Je suis abasourdie par la douleur sans trop savoir quoi faire, alors j’écris, je t’écris.

Je remonte ensuite la pente et je repars. Je suis intense dans tout ce que je fais. Je ralentis pour écouter mon corps qui se fatigue plus vite que ma tête, pour mieux redémarrer en trombe. Je goûte la vie que tu n’auras jamais. Je goûte à toutes les émotions qui traversent notre chemin en espérant que tu me regardes d’en haut et que tu puisses en percevoir toute l’essence.

Carpe Diem disait Horace dans un de ces poèmes :  » Cueille le jour présent sans te soucier du lendemain. » Même avant de te connaître je faisais de cette maxime une priorité. Ne jamais avoir de regrets sur mon lit de mort, le seul sera de ne pas avoir eu plus de temps avec toi.

Petit Biscuit Roux