IMG_2701(2) La peur, celle qui nous fait paniquer à la simple apparition d’un degré de fièvre. La peur viscérale qui nous paralyse, nous assomme, nous empêche de respirer à pleine capacité. Une peur bleue qui étrangle, qui fait monter en nous un énorme sanglot douloureux. Une terreur si grande qu’on se demande comment il est possible de survivre à tout ça.

Ça marque profondément la peur, ça laisse des traces. Ça provoque de drôles de réactions de celles incrontrôlables qui nous obligent à refuser le partage de la douceur de notre bébé. Ça écorche la confiance qu’on a en les autres : conjoint, famille, ami(es), médecins…

Malgré tout ce temps passé, je me surprends souvent à angoisser à cause des microbes de sa fratrie. Je prie chaque soir pour ne plus jamais avoir à vivre ça. Je pose régulièrement mes orteils au bord du précipice de la panique pour une rue déserte traversée en courant. Je suis terrorisée à l’idée de les laisser seuls 2 minutes lorsqu’ils sont malades tout à coup il arrive quelque chose et que je brille par mon absence?!

Quand nos épaules supportent tout ce poids, il faut sans cesse se raisonner pour ne pas craquer. Le cerveau nous surchauffe souvent en grande partie à cause des idées qui jaillissent du sentiment de peur constante qui nous habite. J’ai remarqué que l’angoisse nait après le raz-de-marée. La vague émotionnelle l’amène inévitablement avec elle.

Puis y’a la crainte de ne pas avoir pris suffisamment de temps pour te pleurer, pour me rouler en boule avec un seul but ne pas mourir de douleur. J’ai peur de craquer, d’éclater, d’éparpiller mes petits morceaux si loin qu’il me faudra un temps fou pour les retrouver, ou pire qu’il m’en manquera pour me souvenir de toi. La peur me rend possessive de tout ce qui t’appartient, de chaque minutes passées avec toi. Je conserve jalousement dans ma mémoire tes derniers instants de vie. La peur d’oublier, de me déposséder en partageant ces bribes de souvenirs me retiennent de parler de toi, de me libérer de tes yeux que j’ai vu se vider.

La peur fait désormais partie de moi, je dois la trimballer partout où je vais. Elle enflamme mon coeur de colère lorsque je suis témoin de stupidité parentale, elle me pousse à m’améliorer pour ne plus jamais regretter…